Lecanemab, ce nom vous est-il familier ? Il s’agit du dernier traitement anti-Alzheimer approuvé par le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence Européenne du Médicament. Considéré comme un espoir par les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et par les futures malades, le Lecanemab pourra donc bientôt arriver sur le marché des médicaments anti-Alzheimer en Europe et peut-être en France. Mais, quelle est son histoire ?

/ Nouveau ou dernier médicament Anti-Alzheimer ?

Voici à quoi ressemble le Lecanemab ou Leqembi, de son nom commercial aux Etats-Unis. Il s’agit d’une solution injectable administrée en intraveineuse une fois toutes les 2 semaines.
Crédit photo : NBC News – Eisai
Le Lecanemab, considéré comme un nouveau traitement anti-Alzheimer, fait appel à l’immunothérapie. Il est constitué d’anticorps anti-amyloïdes qui ciblent, reconnaissent et isolent les dépôts amyloïdes dans le cerveau.
Le Lecanemab est le dernier d’une série de plus de 35 médicament-cibles utilisant la stratégie de l’immunothérapie anti-amyloïde, stratégie débutée expérimentalement dès 1999. A ce jour, on compte 3 de ces médicaments approuvés par l’Agence américaine du médicament (ou Food and Drug Administration, FDA) : l’Aducanumab (Biogen) aujourd’hui retiré du marché, le Lecanemab (Biogen/Eisai) et le donanémab (Eli Lilly).
- Janvier 2023 : L’agence américaine du médicament (FDA) donne une autorisation accélérée de mise sur le marché américain du Lécanemab sur la base des données cliniques de phase 3,
- Juillet 2023 : La FDA approuve la mise sur le marché américain du Lecanemab,
- Juillet 2024 : L’agence européenne du médicament (EMA) rejette la mise sur le marché européen du Lecanemab,
- Août 2024 : L’agence du médicament au Royaume Uni approuve la mise sur le marché du Lecanemab,
- Novembre 2024 : L’EMA approuve la mise sur le marché européen du Lecanemab,
- Janvier 2025 : La FDA approuve le maintien du traitement après 18 mois.
/ Quels enjeux pour les futurs malades en France ?
Le Lécanémab est aujourd’hui utilisé aux Etats-Unis dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Pour être éligible, les patients américains doivent bénéficier d’une assurance santé (une année de traitement coute 26000$), êtrediagnostiqué à un stade précoce au tout début de leur maladie d’Alzheimer, et être inscrits au registre de soin.
En Europe, les modalités de son utilisation ne sont pas encore complètement fixées. Toutefois, comme pour les Etats-Unis, ce médicament s’adressera aux individus à un stade précoce de la maladie et répondant aux critères de sélection prévus par les autorités de santé. Il faut préciser que les besoins nécessaires pour sa mise en place sont complexes et les structures habilitées risquent de ne pas être disponibles sur tout le territoire.
Concernant la France, c’est l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui devra prendre la décision concernant la mise sur le marché du lécanémab sur notre territoire national. Si la réponse est positive, la Haute Autorité de Santé (HAS) prendra ensuite le relais pour évaluer le service rendu par le médicament et proposer le cas échéant un prix et des conditions de remboursement par la sécurité sociale.
L’administration du Lecanemab, dernier médicament anti-Alzheimer, requerra donc la mise en place de structures de soin capables de diagnostiquer précocement la maladie d’Alzheimer mais de prendre en charge les malades selon des dispositions lourdes notamment de surveillance radiologique et sur la durée. Les enjeux de son utilisation en France seront, comme dans tous les pays, lourdes, aussi bien sur le plan médical, économique, éthique que logistique.